LA PRESSE
REVUE DE PRESSE ÉVOLUTIVE

Une revue de presse pour un spectacle qui vient de naître... Celle-ci est datée du 15 septembre.Voilà donc juste 2 articles, qui témoignent au moins autant de notre démarche que du spectacle en lui même.


Bienvenue dans l'univers de Fournaise. Le fil rouge : l'engagement, le saut dans le vide.

Une bascule s'avance sur scène, et les corps s'en vont tourbillonner à plusieurs mètres du sol. Une acrobate s'accroche là-haut et s'amuse à défier la chute. Un autre dompte un cerceau géant en acier. De modestes bicyclettes supportent d'improbables pyramides humaines.

Le spectacle ne se réduit pas au cercle central. Une contorsionniste sur la table, un mini-orchestre dans votre dos, tout peut arriver dans cet espace aménagé à la manière d'un cabaret, tout autour de la scène.

Les numéros s'émaillent de textes. Le premier donne le ton. Un homme dit son admiration pour son frère autiste. Pour lui, le simple fait de changer de pièce est une aventure sans filet, bien plus forte qu'un voyage au bout du monde. Fournaise s'interroge aussi sur les motivations des kamikazes, une notion abordée sous plusieurs angles. “Baiser sans capote, c'est kamikaze ?”, lance un comédien.

Ce petit cirque de la vie se nourrit de sourires, de domptage au sens littéral d'enfants-fauves. Mais aussi de heurts, de cicatrices. D'une fanfare à vélos à une image onirique de roitelets se battant sur la cape d'un homme accablé, les moyens pour interpeller le spectateur sont éclectiques.

Ces deux heures sont chaudes en émotion. Après le splendide Tour complet du coeur, explosive exploration de l'oeuvre de Shakespeare, et d'une épatante Guerre des Boutons, la compagnie Attention fragile continue de tracer un sillon singulier, tant sur la forme que sur le fond.


Sud Ouest, 8 septembre 2007.
Fournaise
Depuis le début du mois d'août, la troupe a installé son immense chapiteau jaune et blanc au coeur du quartier populaire de Cognac. Avec un but : s'immerger dans la vie de la cité et des habitants. Pari réussi, Pendant plus d'un mois, les habitants du quartier de Crouin ont participé, à leur façon, à la création de Fournaise. C'est bien sûr la première fois qu'ils accompagnent la gestation d'un spectacle jusqu'à sa naissance. Qu'ils en sont, quelque part, un petit peu les auteurs indirects. Tous sont venus fidèlement “ensemble, le soir” sans forcément avoir une vue d'ensemble de Fournaise jusqu'à la générale.

LA CULTURE AU PIED DES IMMEUBLES
Les artistes se sont nourris des remarques des habitants du quartier. Pour enrichir, épurer ou dynamiser leur création. “Ils nous demandaient régulièrement notre avis et ils en tenaient compte”, témoigne Joseph. Ce que traduit Gilles Cailleau en d'autres termes en accueillant ses hôtes pour la répétition générale: “Quand vous aurez vu ce spectacle, vous pourrez vous dire que c'est le vôtre!” Tout au long de cette cohabitation entre la compagnie de théâtre forain et la population de Crouin, le chapiteau n'a pas été le seul lieu d'échanges et de rencontres.“Ils ont vraiment un contact très facile, reprend Joseph, heureux comme un gamin. Il nous est arrivé de parler de tout autre chose que du spectacle.”

A l'arrivée, l'expérience de déposer la création artistique, et plus généralement la culture, au pied des immeubles a été couronnée de succès.

Depuis le sommet du chapiteau, la contrebasse sonne l'ouverture tout en douceur des portes. Joseph, Elisabeth, Sonia, Lisa, Laura et Schanna sont parmi les premiers à entrer et à s'installer autour des petites tables où un verre les attend. Au choix : vin rouge ou blanc, jus de fraise ou eau gazeuse. Le spectacle, leur spectacle peut commencer.






La Charente libre, 7 septembre 2007.