Autour du spectacle

Ceux qui nous connaissent le savent bien, jouer ne nous suffit pas. Nous aimons voir les gens autant qu’ils nous ont vus...

Lorsqu’une compagnie comme la nôtre s’installe sur l’espace public, le premier signe qu’elle envoie à ceux chez qui elle se pose, avant même qu’elle soit arrivée, c’est une interdiction de stationner.

Que ce soit sur un parking, sur un champ, une place... des gens qui étaient là, qui se garaient, qui faisaient leurs créneaux tranquillement, qui venaient s'asseoir sur un banc, qui empruntaient le chemin les bras chargés de courses, qui jouaient tranquillement à la balle ou s’entraînaient dur au roller... Tous ces gens, sont obligés de changer leurs habitudes.

On dira que les lieux publics sont publics, justement, et que ceux qui en usent n’en sont pas propriétaires. C’est vrai mais pourtant, lorsqu'on s'installe à un endroit, la première chose qu'on fait, c'est de gêner des gens. C'est embêtant !

Quand le théâtre s’expose au dehors, c’est toujours sur un territoire. Et un territoire, même officieux, se respecte obligatoirement. D’autant qu’on a rarement demandé leur avis à ceux qui un matin voient s’élever un chapiteau à leur porte. On les prévient, et on pense que ç’est suffisant.

Et puis sous tout cela, il y a une pensée un peu prétentieuse qui murmure :— « De quoi se plaignent-ils, pour une fois qu’il se passe quelque chose ! ».
Fournaise
Le premier souci d’Attention Fragile, en arrivant quelque part ,c’est de nouer des liens. Et pas dans l’optique d’une quelconque médiation culturelle, par pour remplir le chapiteau, non ! Pour que quelque chose se partage vraiment.

Jusque là, dans des documents similaires, nous faisions un certain nombre de propositions de rencontres (musicales, pédagogiques, informelles...), mais cela revenait à établir une sorte de catalogue et finalement, de contredire cette intention d’être à l’écoute de la géographie humaine du territoire où nous nous installons.

Aussi, préférons-nous maintenant présenter les choses autrement :

Lorsque nous nous installons, nous sommes en demande de rencontres, quelles qu’elles soient, pourvu que le temps nous en soit laissé et qu’elles s’imaginent en intelligence avec ceux qui nous accueillent et qui connaissent mieux que nous la nature du lieu que nous allons investir.

Il reste alors, autant de fois que ce sera possible, à construire un projet autour de notre venue, où des rencontres humaines et artistiques, formelles ou informelles, folles ou sérieuses, s’inventeront à chaque fois.

Ces projets peuvent s’appuyer aussi sur des représentations de nos autres spectacles, comme cela arrive de plus en plus souvent, nourrissant des implantations plus riches et plus longues,

laissant des traces...