Attention
fragile [atãsjõ fra3il] 1999,
compagnie de théâtre itinérant fondée en 1999, implantée
à Marseille. Son nom évoque à la fois les caisses qu’on
trimballe sans ménagement et la délicatesse, voire la vulnérabilité
de ce qui s’y passe. Elle a créé en 2002, le tour complet
du cœur, qu’elle a joué à ce jour un peu plus de cent
fois.
C’était en 1997, on était quinze à venir de tous
les horizons du spectacle et à se retrouver en Ariège pour travailler
ensemble à une forme de spectacle violemment et tendrement vivante, faite
sous chapiteau de musique et de théâtre, d’apostrophes aux
publics et de secrets volés.
Et puis, il y avait ceux qui venaient de la rue et qui rêvaient de salle
obscure et d’un nid un peu plus douillet, ceux qui venaient de théâtres
bien rangés et qui rêvaient de ciel ouvert et de poêles à
bois dans des caravanes, et nos chemins qui se brassaient se sont croisés.
De l’aventure, d’autres aventures ont essaimé, plus intimistes
ou plus précises. Attention fragile est l’une d’entre elles.
Alors, 1999, c’est juste un chiffre pour satisfaire aux questions de la
préfecture, tout cela vient de bien plus loin, les chemins artistiques
de chacun d’entre nous remontent pour certains à plus de 20 ans…
Et Marseille, où on est très bien, ça ne fait pas oublier
L’Ariège où tout a commencé au beau milieu de février,
dans un hangar où on se gelait tous un peu les pieds, et Le Var, où
on s’est arrêté deux ans, et la Mure en Isère où
on a travaillé une saison, car, même si c’est moins facile
pour obtenir des subventions, notre implantation est nomade…
Et si le tour complet du cœur est officiellement notre premier spectacle,
il y en a bien quatre ou cinq autres qu’ensemble (avec cette équipe
mouvante) nous avons créés et emmenés avec nous en tournée.

Gilles Cailleau : Comédien dans Shakespeare et metteur
en scène de la Guerre des Boutons. Garçon de Théâtre
depuis 1986. Il a tout fait dans ce métier : comédien, acrobate,
décorateur, éclairagiste, écrivain, électricien,
chauffeur routier, monteur, régisseur, directeur technique. Metteur en
scène et depuis moins de temps, violoniste et accordéoniste. Mais
comme il sait qu’à trop en faire on ne fait rien de bien, il ne
s’en vante pas.
Patou Bondaz : Comédienne et saxophoniste. C’est
la costumière de la compagnie. Et on l’a chargée des relations
publiques. Avant elle était modiste marseillaise et costumière
itinérante, elle a lancé la mode du chapeau en moustiquaire et
de la fanfare en panty. De plus, elle peut à la demande jouer de deux
saxophones à la fois.
Christophe
Brot : Le déco de la troupe. Il a d’abord été
vigneron, il sculptait pour son plaisir, un jour il a rencontré un décorateur
qui lui a demandé de sculpter pour lui. Alors, il est devenu décorateur.
Puis musicien, et comédien… Il devait jouer dans le prochain spectacle,
mais il a préféré faire un enfant, ça sera pour
la prochaine ! C’est un homme très précieux, il sait tout
faire, il est patient, depuis qu’il s’est fait naturaliser français,
il est toujours aussi ponctuel…
Pascale
Ripert : Actrice et clarinettiste. Elle aussi, elle devait jouer dans
le prochain, mais elle a préféré faire un enfant (le même
enfant que Christophe Brot, ils ont dû faire ça ensemble !). Indispensable
amie.
Emmanuelle
Savin : saxophoniste et comédienne fantasque. Manue, on ne peut
pas en parler, il faut la connaître.
Fred
Foucher : Le compositeur de la compagnie. On n’en voudrait pas
d’un autre ! D’abord, parce qu’on aime ses musiques, et puis
parce qu’il n’a pas son pareil pour nous donner l’impression
d’être de bons musiciens.
Luc
Chambon : Grand comédien de ce monde. Il ne savait pas en disant
oui à l’aventure du Tour complet du cœur, dans quelle histoire
il mettait les orteils. Il en a fait la mise en scène. Dans la guerre
des boutons, ils jouera le grand échalas ou le traître. Comme il
est lyonnais, c’est lui qui fournit la charcuterie et les quenelles.
Fréderic
Mercier : notre peintre préféré. Si vous avez révé sur ses "pièges à frimousses", si vous avez révé sur l'affiche de la guerre des boutons... Allez vite visiter son site !
Louis-David
Rama : Les masques, c’est lui. Jusque là, il avait deux
métier, Facteur de masque et prof de français. Mais il vient de
prendre sa retraite, ça nous arrange, il aura plus de temps pour nous.
Cela dit, on s’est renseigné, on a posé la question à
quelques uns de ces élèves, il parait qu’il va leur manquer,
le genre de prof qui vous donne envie ! Pour les masques c’est pareil.
Gilles et lui travaillent, avancent ensemble depuis 1986. L’un sans l’autre,
ils iraient moins loin, et moins bien.
Nathalie
Duc : notre irréprochable trésorière. À
sa place, devant le succès croissant de la compagnie, beaucoup auraient
falsifié les comptes et seraient partis aux îles Caïman.
Pascale
Baudin : Notre présidente. Ses amis l’appellent Calou.
Élue meilleure présidente d’association loi 1901 de tous
le temps, c’est tout dire.
Luki
: webmaster nocturne. Tout ce site est de lui. Ça se passe de
commentaires !
Christophe
Bruyas : Tof, quoi ! La lumière, c’est lui! Nouveau venu
depuis toujours, c’est un compagnon sans qui on n’aurait pas grandi
de la même façon. Dur de désespérer après
son passage !
Delphine
Bonnefoix : La lumière, c’est elle aussi qui vient de
nous rejoindre pour la guerre des boutons.
Thomas
Reudet : circassien, il tient sur les mains un temps considérable,
il nous a rejoint pour la guerre des boutons. Torse nu il est redoutable !
Edwige
Pélissier : comédienne déraisonnable, on avait
envie depuis longtemps de lui demander de venir, mais pour ça, il fallait
qu’elle se mette à la musique, c’est chose faite, et c’est
tant mieux !
Philippe
Germaneau : notre nouveau régisseur général. Nouveau,
c'est vite dit, la première fois qu'on a fait des choses ensemble, c'était
en 88. On s'est retrouvé cette année à Avignon et on ne
lachera plus cet être gentil, calme, gai, compétent, infatigable...
Jean
Ceunebroucke : Celui-là, depuis qu'il nous a rejoint, on ne sait pas
pourquoi mais les filles participent plus facilement au montage...
Virginie
Breger : Notre costumière préférée, celle qui
méthodiquement nous déshabille autant qu'elle nous habille (symboliquement, s'entend !)
Stanislas
Roblès : Il ne savait pas, en venant aider Christophe à construire
le décor de la Guerre des Boutons, qu'il se retrouverait derrière sa guitare,
au milieu d'une piste. C'est chose faite !
Danièle
Roussel : On ne la voit pas, on ne l'entend pas, mais sans elle, ni son équipe,
aucun de nous ne serait payé ! C'est vous dire si on aime Danièle et
Archipel-Nouvelle vague, qui s'occupe trés gentiment, avec douceur et
obstination, de nos destinées comptables.
Némo
et Zacharie : Les mascottes ! Zacharie fera bientôt partie de
la clique avec son violon et Némo a promis, quand Gilles sera trop vieux,
de le remplacer dans le Tour complet du coeur. En attendant, avec eux (et d'autres
très bientôt !), il fait plus beau.
Marie
Jolet : Heureuse et gourmande, entre deux acrobaties à 7 mètres
de haut sur sa corde, elle adore faire des gratins
Mathieu
Despoisse : Un mystère, plein de gentillesse, au milieu d'une
piste, il peut rester très longtemps à ne rien faire, on le regarde
et on ne s'ennnuie pas.
Alexandre
Denis : Explosion vivante et émouvante. Les filles, quand elles
le voient, ont envie de lui offrir un tandem.
Thomas
Sénecaille : Notre autre Thomas est secret, on ne vous en dira
donc pas beaucoup, sinon qu'à le voir, on ne se doute pas qu'il a
suffisamment de force pour porter deux de ses camarades.
Mathias
Penaud : Au marché aux esclaves, il aurait valu si cher qu'on
aurait pas pu se le payer. On pleure parfois quand il joue du piano, quand il
saute à la bascule, on tremble
Pierre
Glotin : On l'aime sur un vélo, on l'aime quand il bafouille,
on aime quand il éclate de rire. On a beau chercher, on ne sit pas
quand on ne l'aime pas.
Olivier
Debelhoir : Ce n'est pas vraiment un petit nouveau. Il est venu dans
les années de galère, vivre avec nous des aventures qui ne nous
manquent pas. Mais grâce à lui, on en garde quand même un
bon souvenir.
Virginie
Besançon : Virginie, on l'a croisée pendant une tournée,
qui faisait à manger pour nos amis les Cartouns. Et on leur a volée,
c'est vous dire si cette fille fait des plats qui lui ressemblent, généreux
et savoureux.
Ophélie
Deschamps : Il lui en faut du courage, voire de l'inconscience, pour
venir s'occuper de l'administration de notre atypique entreprise. A croire qu'Ophélie
est une aventurière... et n'a pas froid aux yeux.
Juliette
Lemoine : Si Patou ne s'était pas blessée en 2005, elle ne serait peut-être pas venue jusqu'à nous pour jouer dans la Guerre des Boutons, et on aurait perdu quelque chose...
Julien
Michenaud : un sonorisateur comme ça, on n'en connaissait pas. Sa gentillesse donne envie de faire des balances interminables. Et en plus, il plante les pinces du chapiteau, c'est vous dire.
Tania
Sheflan : c’est un mystère cette jeune femme, mais c’est un mystère de très bonne humeur. Première étrangère de la compagnie, puisqu’elle est Israélienne, on espère qu’elle ouvre l’âge cosmopolite de la compagnie.
Maëlle
Boijoux : On la connait depuis longtemps et on attendait patiemment que cette tendre et folle énergumène soit de l'aventure. C'est chose faite et c'est très bien.
Les
Enfants : Némo Baudin-Bondaz, Zacharie Foucher, Angèle et Mila Germaneau : Ces enfants sont formidables et on le dirait aussi si ce n’étaient pas nos enfants. Ils nous ont rejoints pour Fournaise, pas seulement pour la tribu, mais parce que le spectacle a besoin d’eux, de leur tenacité, de leur lucidité, de leur joie énorme.
Jean-Philippe
Krief : Entre nous, c'est Philou des Loups Masqués, qui est venu, et avec brio, remplacer Thomas dans la Guerre des Boutons. Un Lyonnais (Luc Chambon) et un Marseillais des quartiers nord dans la même équipe, c'est du sport...
- Jean-François Gaultier
- Jean-Marie Plume
- Sophie Rigaux
- Alexis Marschal
- Ariane Pozzo
- Joyce Penelle
- Yves Nicot
Chaque
compagnie de théâtre forain en fait à sa manière
!
C’est qu’on ne se dit pas « je vais faire du théâtre
forain, comment ça marche ? », on fait du théâtre
comme on l’aime et on se demande un jour, « comment ça pourrait
bien s’appeler ? »
Nous, ce qui nous plaît avant tout, c’est que chaque spectacle invente
son propre lieu de représentation… Ce sont des spectacle-escargots,
ils portent leur maison sur le dos. Shakespeare se joue dans une roulotte et
une tente, la guerre des boutons invitera les spectateurs dans un chapiteau
aux allures de terrain vague. Et ainsi de suite, à chaque création.
C’est l’idée simple, qu’il n’y a pas d’un
côté un décor servant de cadre aux artistes, changeant à
chaque fois, de l’autre côté, toujours pour les spectateurs
les mêmes lustres et les mêmes sièges. Que l’univers
du spectacle, ceux qui regardent sont dedans et pas devant, comme ça,
le spectacle est ouvertement fait par tout le monde !
(On devine l’avenir rêvé : promener en tournée tous
ces univers côte à côte, s’installer longtemps dans
chaque endroit. Amonceler tous ces chapiteaux, tentes, repose-culs, arènes
comme les quartiers d’un souk artistique.
Après, évidemment, il y a le mélange des genres, la musique,
le cirque, le théâtre… l’éclectisme joyeux et
violent de la fête.
Et
puis la volonté de partager avec ceux qui n’iraient pas dans un
théâtre et qui, parce que c’est sur un place et que tout
est en toile, sont moins intimidés. Pour cela rester le plus longtemps
possible. Le temps que des liens se tissent, avoir aussi le temps d’être
curieux des gens autant qu’ils sont curieux de nous. Certains ne viendront
qu’aux apéros ou aux guinguettes, pas au spectacle, qu’à
cela ne tienne, c’est drôlement bien de partager des pastis en parlant
de Lady Diana (c’est un exemple !).
Quoi encore ? Ah oui, se dire légèrement que le théâtre
est un art désuet, que c’est sa force. Que le rêve qu’il
engendre est d’abord lié à sa fragilité et à
sa précarité. Que le théâtre existe encore, c’est
ça qui est en soi merveilleux et émerveillant. En face des usines
à rêve, faire du bricolage. Aux costumes, préférer
des fois les déguisements !
Et puis, rester petits. On se le dit tous les jours. Ça n’est pas
si facile ! D’avoir pour ambition de grandir raisonnablement. Créer
de petites formes nous y aide. 60 spectateurs pour Shakespeare, 150 pour La
guerre des Boutons, pas plus. Qu’à la fin on se connaisse tous
un peu !
Théâtre forain, voilà ce que, nous, on pouvait en dire…
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