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EditO : Et j’ai repeint ce matin-là le monde entier en rouge Trump

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Je ne fais pas le fier, je n’ai pas beaucoup dormi depuis quelques nuits. J’ai mis la radio le 9 novembre à 4 heures, et depuis je ne me suis pas vraiment rendormi.

Il paraît que je ne suis pas le seul.

C’est étrange comme une élection à 10 heures d’ici peut nous mettre dans le même état qu’un attentat à Paris. Le même état, nuance, disons dans la même inquiétude abattue.

Avant d’aller travailler, entre 5 et 9 heures, je suis resté scotché à mon ordinateur, sur le Los Angeles Time et je regardais les États tomber les uns après les autres, sur une carte très, presque trop bien faite.

Et puis j’ai fait un faux mouvement et cliqué sans le vouloir sur l’État de New York. Surprise, à part dans la ville même, il était tout rouge, rouge Trump et je ne m’y attendais pas.

New York, pas la ville, l’État, est un pays plutôt rural, grand à peu près comme l’Angleterre, mais il ne faut pas aller bien loin pour qu’on y vote républicain : Dès la sortie de la ville, Trump a gagné haut la main.

Je suis allé voir dans les autres États, comté par comté, ce qui se passait, c’est un peu la même chose. Dès qu’on est un peu à l’écart, dès qu’on celui d’à côté, on vote Trump en Amérique.

Le hasard voulait que ce matin-là, j’aille rencontrer des élèves dans la périphérie d’Alès, à la Grand-Combe précisément.

La Grand-Combe est une ancienne ville minière, d’à peu près 5000 habitants. Il y en avait encore 20 000 au milieu du dernier siècle. À la Grand-Combe, il n’y a plus d’usine, plus de mines, plus de bistrots, 60 % des habitants ne possèdent pas d’automobile. Pour eux, aller à Alès, sous préfecture du Gard et capitale des Cévennes, est déjà une aventure. C’est un endroit périphérique, seuls ceux qui y habitent savent qu’il existe.

Un fond de France.

Est-ce le manque de sommeil, l’esprit chagrin, mais en entrant dans la ville, j’ai eu l’impression d’être à la Grand-Combe dans la même Amérique que celle dont j’entendais parler depuis le matin, dans le pays des oubliés.

Depuis le 9 novembre, ça va bon train sur les réseaux. Des post, des messages, des tweets, des mails inquiets de gens qui essaient de se serrer les coudes : « Comment en est-on arrivé là ? Je ne reconnais pas mon pays. Où est l’erreur ? Pourvu que ça n’arrive pas chez nous. C’est la défaite du politique, c’est la défaite de l’éducation. »

Où est l’erreur ? Pour ma part, et sans avoir jamais fait de sociologie, j’avoue que je ne suis pas surpris. Partout où le chemin de mes tournées me promène, je vois des gens abandonnés. Des invisibles.

Et ce n’est pas un sentiment d’abandon (comme il y a un sentiment d’insécurité dans des endroits où pourtant tout est tranquille). Non, c’est un abandon véritable, qui nous interdit, à nous qui sommes dans le mouvement du monde, d’enjoindre ceux qui en sont à l’écart de ne pas céder à la colère.

Ce n’est pas de l’éducation, ce n’est pas de la politique, ce n’est pas de la compassion, ce n’est pas de la pénitence. On n’a rien à expliquer ni à reprocher à personne.

C’est une simple petite règle mathématique, accessible à tout le monde : s’il y a 10 pommes et qu’on est 40, est-on tous ensemble d’accord pour se contenter chacun d’un quart de pomme ?

Quand on sera tous d’accord là dessus, il sera temps de reparler d’éducation et de politique, pas avant.

Gilles, 13 novembre, à Alès, dans les Cévennes.






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