La Guerre des Boutons

Préambule

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Nous avons fondé Attention Fragile sur ce principe artistique simple qu'un spectacle ne vaut que par l'étendue du partage dont il est l'occasion.
Le théâtre forain s’élabore au milieu des gens. Nous en avons fait il y a deux ans, avec la création du Tour complet du cœur, l’expérience excitante.


Avec La Guerre des Boutons nous avons très envie de recommencer.


Une fois encore, le spectacle n’inventera pas seulement son décor, mais son théâtre. Si Shakespeare se jouait sous la tente, nous nous mettrons cette fois-ci avec les spectateurs sous un ciel bleu de toile, dans un terrain vague, donc un terrain de jeu.


Un terrain vague factice, cela va sans dire, un chapiteau léger et modulable, qui pourra s’installer dans tous les intérieurs et donc aller partout, notamment à la rencontre de tous ceux qui n’ont pas toujours l’occasion de croiser des chemins artistiques, mais aussi de tous ceux qui veulent rencontrer le théâtre autrement, simplement.


Pourquoi la guerre des boutons.

La Guerre des BoutonsQu'on ait vu le film ou lu le livre, La Guerre des boutons nous appartient à tous, adultes et enfants, nous amuse et nous interroge également. Si l'expression " tomber dans le domaine public " a un sens, c'est pour cette œuvre-ci.

Aux grands, elle rappelle le paradis perdu de l'enfance, aux petits, elle ouvre des continents de liberté. À ceux des villes, elle donne des envies de terrain vague, à ceux des champs, elle donne la fierté d'être du " pays ".

La violence y côtoie l'innocence, c'est rassurant et terrifiant en même temps. C'est la vie. Et Comme Rabelais, Louis Pergaud nous en parle avec sa parole gourmande.

Difficile d'être un gosse, difficile d'être un parent. Difficile d'être un instituteur juste. Difficile de devenir grand.

Et puis c'est la guerre… des boutons, peut-être, mais quand même la guerre. Des coups, des injures, des blessures, des humiliations.

Oui. C'est surtout cela. Pour en être une guerre des gosses, elle n'en porte pas moins son lot de batailles rangées, de rapts, d'attentats, de trophées imbéciles, de guérillas, d'otages, de
maisons effondrées (même si ce n'est qu'une cabane, nos gamins pleurant dans les ruines n'en sont pas moins des sans-abri)... Bref ! L'histoire frémit du fourbi des armes et des chants guerriers.

La Guerre des Boutons, c'est la genèse de la vraie guerre. C'est l'histoire d'une bêtise qui pourrait devenir grave.)

C'est un roman qui nous invite joyeusement à être sage : Et si les guerres qui gangrènent le monde n'étaient que des jeux de mômes qui ont mal tourné ?

C'est un roman qui nous prévient.




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Petites notes d'intention de mise en scène






Gilles Caillot“Je suis né dix-neuf ans après la guerre, ce n'est pas si loin. On était en plein Baby boom, l’école était en construction et ma première salle de classe a été une roulotte de tziganes déportés, qu'on avait réquisitionnée pour l'occasion. Après, allez savoir pourquoi on devient un comédien nomade.

J'ai lu la Guerre des Boutons à 12 ans, c'est devenu un de mes livres de chevets. J'ai ri de ces enfants tapis dans des
tranchées de sables, attendant l'ennemi, de Migue-la-Lune attaché au poteau de torture, la culotte sur les chevilles, j'ai ri des guerriers nus bondissant sur leurs frères, de ces roustes mémorables données par des pères avinés, du pantalon de l'Aztec, prise de guerre, accroché en guise de drapeau à la statue du soldat inconnu.

Pas une heure de chagrin dont une heure de lecture de ce livre truculent ne soit venue à bout.

Mais ce qui est étrange, c'est que trente ans après, j'en ris encore autant et en même temps, moins. L'inquiétude s'est greffée sur l'enchantement.

J'avais très envie de monter ce texte - peut-être est-ce parce que le théâtre naît dans la cour de récréation - J'avais tellement envie de le monter que je suis parti en 2000 au Maroc avec trois comédiens de la compagnie faire une première session de travail sur ce livre. Au Maroc ! Où les enfants sont encore pieds nus dans les rues. Premiers essais, dont est né l'esprit de cette création.

Le spectacle sera joué par une fanfare de cinq clowns.

Une fanfare… parce qu'il n'y a pas de guerre, si petite soit-elle, sans tambours ni trompettes. Une fanfare aussi parce que notre village, même s'il est artistique, éphémère et itinérant, n'en a pas moins besoin de son harmonie municipale.

…de cinq… parce que cinq, ça peut être tour à tour une bande, deux camps, un instituteur et sa classe unique, une famille de trois enfants.

…clowns… parce que l'innocence du clown a beaucoup à voir avec l'enfance, ou plutôt avec la tragédie de l'adulte à qui on a refusé de garder l'enfance. Clown, parce que chez le clown, l'innocence côtoie la cruauté. Parce qu'aussi ce qui nous fait rire dans le clown, c'est l'aveu réjoui de notre part sombre.

Clowns, parce que la guerre des boutons est une histoire trop grave pour ne pas être traitée avec légèreté.





ScenographieAprès, il y a la scénographie : le terrain vague, cerné de palissades. Le même que dans le Kid, de Chaplin. Dedans pas de gradins, juste trois hauteurs de chaises, de part et d'autre de la scène, les spectateurs se font face, comme les habitants des villages ennemis. C’est paradoxalement un espace réaliste et onirique en même temps.
Au milieu, nos clowns, obligés par cette disposition à une dynamique continuelle, jouant sur scène comme dans une rue. Obligés à l’apostrophe, à l’adresse au spectateur.
Envisager la scène comme un territoire.

Le jeu du clown, en faire autre chose que du jeu de théâtre, plutôt que “composer” des personnages, que chacun des acteurs retrouve une énergie et un héroïsme fondateur.

Comment, tout en, restant léger (pas didactique pour un sou), lier cette histoire à notre Histoire. Il ne suffira pas de rester implicite, et c’est sans doute dans la formulation théâtrale donnée à cette articulation (le pantalon de l’Aztec sur la statue de Saint François-le drapeau américain sur la statue de Saddam Hussein, par exemple) que se jouera la réussite du projet.

Une dernière chose : faire que ce spectacle non seulement puisse, mais doive être regardé par les enfants et les adultes en même temps.
Dans notre première approche marocaine, j'ai pu me rendre compte que la force des scènes venait justement de ce qu'elles étaient regardées simultanément par des adultes et des enfants, et qu'une dimension du spectacle se construisait dans la salle, par la fraternité surprise qui s'établissait entre les générations.
Comme si au terme " tout public " s'imposait ici un sens plus essentiel.”

Gilles Cailleau.

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Un lieu adapté.





Dans la continuité de notre recherche, cette création s'appuie d'abord sur l'idée du lieu du spectacle. Comme Shakespeare trouvait abri dans une roulotte et une tente marocaine, la Guerre des boutons se jouera dans un endroit conçu pour elle.

Imaginons... une salle des fêtes, par exemple. Les habitants du quartier ou du village la connaissent par cœur. Aujourd'hui, ils vont y voir un spectacle. Mais en ouvrant la porte, ils ne reconnaissent rien, ils sont entourés de palissades peintes et au dessus de leurs têtes, d’un ciel bleu. Nulle part, on ne voit les murs, ni les plafonds, ni les néons. On est ailleurs.

L'idée nous est venue très vite de ce chapiteau intérieur, de dimensions très variables, fait d'une toile et d'une structure très légère, et qui pourrait s'installer autant dans une salle de classe ou de réunion, un gymnase, une salle des fêtes, ou même un théâtre, conçu de manière à pouvoir s'appuyer à la porte d'entrée de la salle où il s'installe, de manière à ce que les spectateurs entrant dans un endroit qu'ils connaissent, soient d'emblée transportés en ne le reconnaissant pas.

Autre version, plus légère, du théâtre forain, c'est-à-dire d'un théâtre qui va où ne va pas le théâtre, un tel dispositif permet à la fois d'aller vers les spectateurs, en utilisant des infrastructures existantes, tout en évitant l'écueil des salles inadaptées (autant techniquement qu'esthétiquement, le néon et le plafond blanc se prêtent rarement au rêve).

Distribution

Mise en scène et scénographie : Gilles Cailleau
Co-fondateur du théâtre du Kronope avec Guy Simon et Joëlle Richetta. Comédien dans Le roi Lear, Notre-Dame de Paris, Le médecin Volant de Molière, et Cyrano de Bergerac, spectacles dont il est aussi le scénographe. Il quitte le théâtre du Kronope en 1997 pour se lancer dans l'aventure du théâtre forain et de la mise en scène. Il crée alors divers spectacles sous chapiteau, dont Broken, joué dans le In de Chalon dans la rue en 2002. Il est directeur artistique de la compagnie Attention fragile depuis 1999. Il met aussi en scène d'autres spectacles, tout en continuant à se former lui-même (stages de travail de la voix dirigés par Nika Kossenkova, stage d'art du clown, direction Alain Gautré). Il donne régulièrement des stages sur plusieurs thèmes : le clown, le jeu masqué et poursuit aussi un travail de formateur auprès de diverses écoles, l'École nationale de cirque de Châtellerault et l'École de cirque de Lomme (Lille), où il dirige depusis 2002 des stages de jeu d'acteur et d'art du clown pour la formation professionnelle. Il est aussi formateur à l’Ecole Supérieure d’Art dramaitique de Lille (direction : Stuart Seide) et au Centre National des Arts du Cirque de Chalon en Champagne

Musique : Fred Foucher
Musicien et comédien. Il a notamment composé les musique de Pelléas et Mélisande en fanfare (Attention Fragile), Broken (Kaden, Chalon dans la rue In 2002). Il a joué avec le Théâtre du Kronope, la compagnie La belle Équipe, la Fanfare À bout de souffle.

Lumière : Christophe Bruyas et Delphine Bonnefoi
C’est un duo de créateurs d’ambiance qui s’est constituée autour des créations lumière d’Ex-Nihilo, compagnie de danse de rue. Avant, l’un et l’autre étaient éclairagistes, lui chez les Cartoun Sardines, puis régisseur général de l'Année des 13 Lunes, et pour ne rien oublier, également artificier, elle, dans le Nord, notamment au Prato, puis elle aussi chez les Cartoun sardines (où elle a créé la lumière de Roméo et Juliette) et pour diverses compagnies de danse et de théâtre.

Costumes : Virginie Breger.
Elle est une des fondatrices du petit atelier et, à ce titre, a réalisé des costumes pour de nombreuses compagnies marseillaises.

Les Acteurs :

Luc Chambon, caisse-claire et guitare électrique.
Comédien depuis 1988 dans la compagnie Sortie de Route, il a notamment joué dans Vol au dessus d'un nid de Coucou, Don Quichotte, Salto, Chez les Titch, Hamlet et pour la compagnie Philippe Faure.

Thomas Reudet, tuba et hélicon.
Circassien, il a fait partie de la 15ème promotion du cnac de Chalon en Champagne.

Patou Bondaz, saxophone alto.
Comédienne, musicienne et chanteuse, elle a notamment joué dans Broken (Kaden, Chalon dans la rue In 2002). Elle collabore depuis 1999 à la compagnie Attention Fragile. Elle a travaillé aussi pour les Cartoun Sardines et la Sennaga compagnie (Eguilles).

Edwige Pellissier, clarinette et grosse-caisse.
Comédienne au Théâtre du Kronope, elle a depuis travaillé sous la direction de Jean-Louis Kamoun (Arles) et avec les Carboni.

Emmanuelle Savin, sax soprano.
Comédienne dans la compagnie Jock'Art, elle a aussi travaillé pour Tout Sambal, la fanfare A Bout De Souffle et dans diverses compagnies de théâtre de rue.

Les coproducteurs :

L'Abattoir-Chalon dans la Rue.
L'espace Tisot à La Seyne sur mer.
Le Centre de Développement culturel des Pennes-Mirabeau.
Le théâtre de Ruffec (Charentes), dont le directeur est Xavier le Goff, qui a coproduit le tour complet du cœur.)

Quand aux préachats (les intrépides qui achètent le spectacle avant qu'il soit créé — gloire leur soit rendue !), la liste est ouverte, mais on peut compter sur Berre-l'Étang (où nous jouerons les deux spectacles en mai prochain), La Garde (83), Simiane (13), Saint Sébastien sur Loire (44), Saint Barthélémy d'Anjou (49), Le Dôme d'Albertville (74), LE SEMAPHORE - Irigny (69)...

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